Ne possédant pas de voiture, c’est tout naturellement en TGV que nous nous sommes rendus aux Rousses, lors de notre week-end dans le Jura en janvier 2011. Nous avions vu sur internet que la station était desservie par des skibus et une partie de la région par des cars du réseau Jurago. Malheureusement, ces transports se sont avérés insuffisants.

Des cars Jurago trop peu présents

Pour rallier les Rousses en train depuis Paris, vous disposez de deux solutions. La première: prendre le TGV jusqu’à Dole ou Besançon, puis un TER jusqu’à Morez et enfin un car du réseau Jurago. La seconde: emprunter un TGV jusqu’à Genève puis un train jusqu’à La Cure, à la frontière suisse, et pour finir une navette Jurago (voir aussi le paragraphe « Trains d’enfer »). En théorie, cela paraît à peu près simple. En pratique, les choses se compliquent, la faute au peu de navettes assurant les liaisons.

Le logo des cars du réseau Jurago.

Les bus du réseau Jurago sont en fait des cars de transport scolaire dont l’accès a été étendu à tout type de passager. Problème: seules cinq navettes environ circulent chaque jour de la semaine entre Morez et Les Rousses, trois le samedi (sur réservation par téléphone uniquement), aucune le dimanche. La situation est la même entre La Cure et Les Rousses, mais la petite gare frontalière est aussi desservie par les skibus. Autant le dire tout de suite: vous allez devoir être chanceux pour que ces horaires correspondent à votre heure d’arrivée en train. Ce ne fut pas notre cas. Je dirais même que nous avons joué de malchance.

Le viaduc de Morez vu depuis le TER.

Nous nous sommes d’abord empressés d’acheter nos billets de train Paris-Morez sur le site SNCF.com. Ceux-ci, présentés comme les derniers disponibles, s’affichaient à des tarifs raisonnables: moins de 100 euros par personne aller-retour. Une semaine auparavant, mon compagnon avait vu des billets pour Nuremberg doubler de prix en vingt-quatre heures, lui passant ainsi sous le nez. Nous ne voulions pas prendre ce risque. J’avais vu sur internet que la région disposait d’un réseau de transports et la station des Rousses de skibus. J’avais rapidement jeté un œil aux créneaux horaires, qui me paraissaient suffisants. Mais une fois nos billets de TGV et de TER réservés, je suis retournée sur le site Jurago consulter plus précisément les heures de passage des cars à Morez et me suis aperçue qu’il nous aurait fallu attendre une heure. Nous nous sommes donc orientés vers une solution plus souple mais plus coûteuse: les taxis. Dommage, car le prix du trajet Jurago défie toute concurrence: 2 euros, quelle que soit la période et la destination.

Une solution bis moins économique: le taxi

Vous trouverez près des Rousses deux sociétés de taxis: Allo Berthet Taxi, situé aux Rousses, et Grandval Taxis, basé à Saint-Laurent en Grand Vaux. Nous avons choisi la seconde et réservé notre véhicule plusieurs jours avant notre arrivée par téléphone. Le trajet Morez-Les Rousses nous a coûté 17 euros. Il s’est fait sur une route dégagée, puisque malheureusement, la neige n’était pas vraiment au rendez-vous lors de notre séjour. Si les conditions avaient été plus difficiles, la note serait montée jusqu’à 25 euros.

Le taxi Grandval nous a conduit de Morez aux Rousses et inversement.

Je vous entends déjà me dire: « Pour une heure d’attente à la gare, vous auriez pu attendre une navette plutôt que de prendre un taxi ». Sauf que, suite à quelques aléas lors de notre trajet en TGV et à deux heures de retard, ce n’est pas une heure que nous aurions dû attendre, mais trois heures. Nous devions en effet initialement arriver à Morez à 11h. La navette Jurago passait à 12h. Mais nous sommes finalement arrivés à 13h et le prochain bus n’arrivait qu’à 16h. Nous n’avions donc de toute façon pas vraiment le choix. Lorsque nous avons vu que nous ne serions pas à 11h à Morez, nous avons appelé la société de taxis pour les prévenir de notre retard et avons pu repousser notre commande. A ce sujet, précisons que les employés de Grandval Taxis se sont toujours montrés fort sympathiques, aussi bien les personnes que j’ai pu avoir au téléphone que les deux chauffeurs de taxi à l’aller et au retour, affables et souriants. Certains taxis parisiens feraient bien d’en prendre de la graine!

Le jour du départ, le taxi s’imposait, puisque la seule navette effectuant le trajet Les Rousses-Morez passait à 8h15 aux Rousses (arrivant ainsi à Morez à 8h30). Pour un départ de Morez à 11h, cela nous aurait fait patienter un long moment à la minuscule gare.

SNCF: à nous de vous faire détester le train

TGV et TER en gare de Besançon.

Comme je le disais plus haut, nous avons dû faire face à quelques imprévus lors de notre trajet aller en TGV. Partis à 7h de Paris Gare de Lyon, frais et pimpants (comprenez cernés et les paupières lourdes), tout semblait pourtant bien s’annoncer. Mais après une heure et demie de route, ou plutôt de rails, voilà notre train qui s’arrête sans raison en pleine campagne bourguignonne. Cinq minutes d’attente, dix minutes d’attente, quinze minutes d’attente. Mon sang commence à bouillir, je ne cesse de lancer des regards inquiets à ma montre: « Comment, mais comment allons nous faire pour pouvoir prendre notre correspondance à Dole à 9h20? » . J’arpente les couloirs à la recherche du contrôleur pour connaître les raisons de cet arrêt intempestif et savoir s’il compte prévenir la gare de Dôle de notre arrivée, que j’espère imminente (oh grande naïve que je suis). Il m’explique d’un ton impassible que le conducteur a cru entendre une déflagration à l’extérieur et a donc décidé de descendre du train pour voir ce qu’il en était. Voilà qui s’avère rassurant! Il note l’heure de ma correspondance et celle des autres passagers et nous assure qu’il va faire le nécessaire puis revenir vers nous pour nous tenir informés. Encore quelques minutes à trépigner sur mon siège puis nous repartons, pour arriver quelques instants plus tard en gare de Dijon. « Dijon, cinq minutes d’arrêt ». Dix minutes d’attente, quinze minute d’attente… vous connaissez la rengaine. Une voix au micro nous annonce  finalement qu’en « raison d’une panne de locomotive, les voyageurs du TGV numéro 6751 sont priés de descendre de train et de se rendre sur le quai numéro 5 afin d’emprunter le TER en direction de Belfort ». Cette fois, je dois me rendre à l’évidence, nous n’arriverons pas à Morez comme prévu à 11h. Et dire que j’avais choisi de me lever à l’aube pour disposer de toute notre après-midi sur place afin d’organiser nos activités et découvrir la station. Merci la SNCF! Déjà l’an passé, nous avions du pâtir de deux heures de retard à l’aller et trois heures au retour lors de notre week-end à Brides-les-Bains.

Dans le TER entre Besançon et Morez.

Une fois dans ledit TER, je me calme en entendant le violent coup de gueule d’une jeune femme venant de se faire voler sa carte bleue pendant le changement de train et hurlant après son petit-ami, à qui elle avait confié la surveillance de son sac. Après tout, ça ne va pas si mal que ça pour nous, me dis-je après avoir soigneusement vérifié la présence de toutes nos affaires et fougueusement embrassé mon compagnon. Peu après notre départ, un contrôleur passe nous avertir que nous devrons descendre à Besançon et non plus Dole, pour prendre le TER de 11h10. Méfiants après toutes ces mésaventures, nous hésitons à abandonner la solution du train, nos billets de TER étant remboursables, pour louer une voiture à Besançon, d’où nous devrons reprendre le TGV au retour. Mais pensant que nous n’aurons pas vraiment l’utilité d’un véhicule une fois sur place, hormis pour nous passer de taxi sur Morez, nous renonçons à cette idée. Grossière erreur, que nous regretterons amèrement dès le lendemain.

Nous arrivons enfin à Morez après un peu moins de deux heures passées dans le second TER assurant la liaison entre Besançon et Morez. Nous n’avons pas connu d’autre retard et avons pu profiter, depuis ce train aux lignes et équipements modernes, d’une jolie vue sur les forêts jurassiennes.

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Sans voiture, point de salut!

Les skibus de la station s'avèrent utiles mais insuffisants.

Si vous venez aux Rousses en hiver dans l’unique but de skier et de pratiquer des activités telles que des balades en raquettes ou en traîneau à chien, alors les skibus gratuits peuvent suffire à vos déplacements sur la station. Il permettent de relier les différents villages ainsi que le départ des pistes alpines et nordiques. Si vous prenez des cours avec l’ESF ou La Boîte à Montagne, précisez-leur que vous n’êtes pas motorisé, les moniteurs viendront vous chercher gratuitement.
En ce qui concerne les skibus, ne comptez pas sur des navettes passant tous les quarts d’heure. En moyenne, celles-ci rallient les divers arrêts toutes les heures. En sachant que les différents domaines skiables ne peuvent être rejoints à ski, hormis ceux de la Dôle et des Tuffes, il peut malgré tout s’avérer préférable de disposer d’un véhicule , à condition de ne pas craindre de rouler sur route enneigée.

Si vous souhaitez profiter de votre séjour pour découvrir la région alentour, alors la voiture s’avère quasi-indispensable. En effet, le réseau de bus Jurago ne couvre pas tout le département, et les cars sont très peu fréquents. Par ailleurs, la plupart d’entre eux ne partent pas des Rousses. Il vous faudra donc souvent rejoindre d’abord Morez, ce qui n’est déjà pas simple, comme nous l’avons vu plus haut.

Pendant notre week-end, nous aurions voulu profiter d’un dimanche matin libre suite à l’annulation d’une balade en chien de traîneau pour aller soit aux Cascades du Hérisson à Clairvaux-les-lacs ou au Parc du chien polaire à Chaux-Neuve. Voyant que les transports ne desservaient pas ces endroits, nous avons tenté de louer un véhicule dès le samedi: impossible. Les quelques loueurs des Rousses ne disposent de voitures qu’en été, et le garage Renault de Morez est fermé le week-end. Les agences de location les plus proches étaient donc à Genève ou… Besançon, où nous avions hésité à prendre une voiture lors de notre arrivée. Si, comme nous, vous ne disposez pas de véhicule personnel, préférez donc en louer un depuis votre lieu de départ, ce qui vous évitera par ailleurs les éventuelles galères SNCFiennes, ou récupérez une voiture dans une grande ville à la descente de votre TGV.
Finalement, pour notre matinée libre, nous avons décidé de découvrir les villages alentours en empruntant les skibus… mais faute de navettes suffisamment fréquentes, nous n’avons eu que le temps d’aller à Bois-d’Amont.

Pour ceux qui ne disposent pas même du permis de conduire, il reste heureusement une ultime solution pour ne pas se retrouver coincé aux Rousses: le train.

Trains d’enfer!

Le train de la ligne NStCM en gare de La Cure.

Nous n’avons heureusement pas connu que des mésaventures en train. L’un d’eux nous a permis de passer une journée au lac Léman, à Nyon d’abord, en Suisse, d’où nous avons pu rejoindre l’autre rive pour nous rendre à Yvoire, côté français. Il s’agit du train de la ligne NStCM (Nyon – Saint-Cergue – La Cure – Morez) appartenant à la compagnie suisse CFF (Chemins de Fer Fédéraux). Il ne porte plus très bien son nom puisqu’il ne continue plus jusqu’à Morez  depuis 1958. Son terminus se situe désormais à La Cure, petite commune frontalière. C’est ce train que vous emprunterez si vous désirez venir aux Rousses depuis Genève, via une correspondance à Nyon.
Pour rallier la gare de La Cure depuis Les Rousses, il vous faut soit emprunter un skibus, soit vous rendre à pied à La Cure en empruntant la Route Royale, un chemin peu fréquenté par les voitures. Comptez cinq minutes de route ou trente à quarante-cinq minutes de marche. Le trajet en train entre La Cure et Nyon dure ensuite environ une heure et vous permet de profiter d’un superbe panorama sur les monts alentours, notamment celui de la Dôle, puis sur la chaîne des Alpes et sur le lac Léman.

Le trajet du train NStCM, allant de La Cure à Nyon.

Si ce petit train s’avère fort pratique pour une excursion d’une journée, il n’en exige pas moins une bonne organisation. Après huit heures, un train part de La Cure toutes les heures; on en compte deux à trois par heure tôt le matin en semaine, pour les frontaliers qui partent travailler en Suisse. Le premier train quitte la gare à 6h18 en semaine, 8h56 le week-end. Le premier skibus quitte le village des Rousses à 8h40, suivi par un toutes les heures. Seul problème: quel que soit le moment de la journée, vous n’aurez que dix minutes de battement entre le moment où le skibus vous déposera à la gare de La Cure et l’arrivée du train. Or les billets ne peuvent pas être achetés à l’avance (ils ne sont valables que pendant deux heures) et, contrairement à ce que vous pourrez lire, vous ne pouvez les acquérir ni à l’office du tourisme, ni directement dans le train. En sachant qu’il n’y a qu’un automate à la gare et aucun guichet ou personnel pour vous renseigner, l’achat de ces billets peut devenir problématique. Pour notre part,  nous n’avons pas eu de souci puisque nous n’avons pas eu à faire la queue à l’automate, mais il faut dire que nous sommes partis en semaine et hors période de vacances scolaires. Si vous n’avez pas le temps d’acheter vos billets, signalez-le au contrôleur du train. Il préviendra la gare de St-Cergue, où l’on vous préparera des billets, que vous viendrez chercher et payer pendant l’arrêt.
Au retour, le dernier train pour La Cure part de Nyon à 18h56. Le billet aller-retour coûte 19,60 francs suisses, soit un peu plus de 15 euros.

Le TER de la Ligne des hirondelles sur le viaduc de Morez.

Enfin, vous pouvez également emprunter le TER qui nous avait amené de Besançon à Morez pour explorer la région. Ce train, aussi appelé Ligne des hirondelles, rallie Dole à Saint-Claude en 2h30 et offre une magnifique vue sur les forêts et collines jurassiennes. Il dessert des villes au patrimoine historique et géographique fort intéressant, comme Arc-et-Senans et ses salines royales, ou Saint-Claude et ses cascades. Comptez 12 euros pour un pass Visi’TER d’une journée, vous permettant de voyager de manière illimitée sur le réseau Franche-Comté.
En été, des visites thématiques d’une journée ou une demi-journée sont organisées par le Parc naturel régional du Haut-Jura. Elles vous offrent l’opportunité d’emprunter cette ligne de train accompagné d’un guide qui vous fera également découvrir certaines villes sur le parcours, leur culture, leur gastronomie et leurs paysages. Parmi les visites possibles (environ 30 euros la journée): la route des vins d’Arbois ou le circuit des viaducs.

Liens

Pour consulter les horaires des cars Jurago: www.jurago.fr

Pour consulter les horaires des navettes skibus: www.lesrousses.com/fileadmin/pdf/Divers/Skibus_2010-11B.pdf

La société de taxi Grandval Taxis: www.grandvaltaxis.fr/

Pour consulter les horaires des trains NStCM, et notamment depuis Genève: www.bustpn.ch/matters/attachment/file/548/horaires.A4.internet.nstcm.pdf

Pour en savoir plus sur la ligne des hirondelles ou consulter les horaires: www.lignedeshirondelles.fr/fr/index.php ou http://telechargement.ter-sncf.com/Images/Franche_Comte/Tridion/R5_St_Claude_Dole_Besan%C3%A7on_1911_tcm-20-30170.pdf