Sur la route nous menant à la péninsule de Snaefelsness.

Pour notre dernière journée en Islande, nous décidons de partir à la découverte de la péninsule de Snaefellsnes, au nord-ouest de Reykjavik. Nous souhaitons surtout découvrir le fjord Hvalfjördur, réputé pour sa beauté, et pourquoi pas aller jusqu’au glacier Snaefellsjökull. Cependant, nous disposerons de moins de temps que les jours précédents, puisqu’il nous faudra rendre la voiture de location en début de soirée puis préparer nos affaires avant un départ le lendemain plus que matinal (lever à 4 heures!).

Hvalfjördur: la baie des baleines

Photo de baleine en Islande.

En seulement 45 minutes de route depuis Reykjavik, nous arrivons à Hvalfjördur, un magnifique fjord de 30 kilomètres de long et de 5 kilomètres de large. Son nom signifie « la baie des baleines », car ces mammifères y sont présents en grand nombre.

Les baleines sont à la source de deux activités économiques en Islande: les tours d’observation en bateau pour les touristes et la chasse, très controversée. Une station de pêche est d’ailleurs située au fond du Hvalfjördur.

Une baleine ramenée à la station de Hvalfjördur.

La chasse à la baleine a été introduite en Islande au 19e siècle par les Norvégiens puis perpétuée par les Islandais. En 1986, ces derniers appliquèrent un moratoire instauré par la Commission baleinière internationale (CBI), organisme chargé de réglementer la pêche des cétacés dans le monde. Mais ils reprirent cette activité fin 2006 jusque août 2007, pour la relancer à nouveau en 2008. Elle a toujours cours aujourd’hui.

Pour justifier cette pratique, les Islandais évoquent une espèce qui ne serait pas en voie de disparition dans leurs eaux (55000 baleines vivraient près des côtes) ainsi qu’une pêche non intensive, basée sur le respect de quotas. D’après eux, la chasse à la baleine permettrait même de réguler le flux de ces mammifères, dont la présence en trop grand nombre nuirait aux autres espèces de poisson. Or l’exportation des produits de la pêche représente la principale source de revenu du pays, qui par ailleurs ne peut plus compter sur son système bancaire et financier pour soutenir son économie depuis la crise de 2008 . Suite à cet événement et à la dévaluation de la monnaie islandaise, les importations de viande de bœuf seraient également devenues trop onéreuses, relançant la consommation nationale de viande de baleine.

Observation de baleines dans le nord de l'Islande.

A cela, les défenseurs de l’environnement rétorquent que l’observation des baleines génère des revenus plus importants que la vente de leur viande et que les deux activités ne peuvent coexister, ces cétacés risquant de déserter les côtes islandaises si leur chasse se poursuit. Par ailleurs, en 2009, les islandais, qui prétendent exercer une pêche limitée, ont multiplié par six les quotas fixés par la CBI, les faisant grimper à 150 rorquals et 150 baleines de Minke par an, pour une durée de cinq ans. Sept pays (la France, l’Allemagne, les États-Unis, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède) avaient alors, en vain, appelé l’Islande à revenir sur sa décision dans une lettre adressée au ministre de la pêche.

La pêche à la baleine représente aussi un frein à l’entrée de l’Islande dans l’Union européenne. Depuis qu’elle est frappée par la crise, l’île a en effet émis le souhait d’intégrer l’UE et déposé sa candidature en 2009. Mais Bruxelles s’oppose farouchement à la pratique de la chasse à la baleine. Aucun accord n’a été trouvé pour le moment.

Le Hvalfjördur sous le soleil dévoile de magnifiques couleurs.

Bien heureusement, en passant devant la station de pêche Midsandur, nous n’apercevons pas de baleine éventrée. Le dépeçage se fait en effet en plein air et le public peut même y assister… Très peu pour moi. Par chance, la plate-forme est fermée (elle semble même désaffectée), la saison de la pêche à la baleine ne commençant que fin mai pour se terminer en septembre.

Eglise du Hvalfjördur.

Mais il ne faudrait pas résumer la baie à cette pêche polémique et oublier le somptueux décor qui s’offre aux touristes de passage. Ne le manquez sous aucun prétexte et n’empruntez pas le tunnel passant sous le fjord pour vous raccourcir le chemin. Vous rateriez le spectacle des longues montagnes surmontées de neige longeant le bras de mer et se reflétant dans l’eau ainsi que les quelques rares maisons blanches aux toits rouges sous fond de collines vertes. C’est aussi la route que vous devez emprunter si vous souhaitez vous rendre à la cascade de Glymur, la plus haute d’Islande avec ses 196 mètres. Pour la rejoindre, comptez une bonne heure de marche assez sportive d’après les diverses descriptions.

Les beaux reflets du Hvalfjördur.

Le Snaefellsjökull: un glacier source d’imagination

Vue sur le Borgarfjördure.

Nous poursuivons notre route et arrivons à la mi-journée à Borgarnes. Juste après le pont traversant le Borgarfjördur, nous nous arrêtons pour prendre de l’essence à une station service à l’entrée de la ville et en profitons pour casser la croute. Pour la première fois de notre séjour, je me laisse tenter par un Pylsur, le hot-dog islandais. Grossière erreur: ils sont si bons qu’il est difficile de s’arrêter au premier! L’endroit offre une jolie vue sur le fjörd et au loin sur le Langsjökull.

Un cratère dans la péninsule de Snaefellsnes.

Nous continuons ensuite sur la côte sud de la péninsule de Snaefellsnes par la route 54. Nous traversons encore une fois une région déserte, qui regroupe plusieurs paysages semblables à ceux que nous avons eu l’occasion de découvrir les jours précédents: des collines rocheuses bordées de prairies d’un vert bien prononcé,  des cratères cramoisis, des champs de lave noirs et des monts enneigés surplombant des plaines rousses et dorées. C’est donc à juste titre que cette région est qualifiée « d’Islande en miniature ». Au loin dans la brume, nous apercevons le glacier Snaefellsjökull, souvent comparé au Fujiyama. Personnellement, l’Hekla m’a plus évoqué le mont japonais.

Le glacier et volcan Snaefellsjökull.

C’est au sommet du glacier islandais couronnant un volcan que Jules Verne a situé le début de son roman Voyage au centre de la terre. C’est ici aussi que sont nés bien des personnages de sagas. Le glacier représente une grande source d’imagination puisque, non content d’être à l’origine de chef-d’œuvres littéraires, il inspire aussi certaines croyances ésotériques. Les Tibétains notamment pensent que le Snaefellsjökull représente un centre d’énergie. En 2009, un réalisateur français, Jean-Michel Roux, a également réalisé un documentaire appelé « les mystères de Snaefellsjökull » sur les différentes légendes islandaises liées au volcan.

Une colline rocheuse dans la péninsule de Snaefellsnes.

Peu après le croisement avec la route 56, mon compagnon me fait part de son souhait de faire demi-tour: cette partie de l’île n’est pas celle qui le séduit le plus et il préfère prendre le temps de rentrer tranquillement plutôt que de pousser plus loin et de devoir retourner à Reykjavik en quatrième vitesse. J’accepte mais regretterai après coup de ne pas avoir poussé au moins jusqu’à Arnarstapi, où se trouvent visiblement un  mignon petit port de pêche, des orgues basaltiques et une falaise percée. Si vous disposez d’une journée plus longue, vous devriez pouvoir faire le tour de la péninsule jusqu’à Stykkisholmur puis rejoindre la côte sud en coupant par la route 56.

Monts de la péninsule de Snaefellsnes.

Nous profiterons de notre ultime soirée à Reykjavik pour découvrir un dernier restaurant. Notre séjour en Islande nous laissera un souvenir impérissable et déjà, comme la majorité des personnes ayant visité cette île, nous pensons à revenir. Nous espérons presque que l’Eyjafjallajökull redoublera d’activité demain pour que notre avion reste cloué au sol et que nous puissions continuer de sillonner cet extraordinaire pays. Il nous reste tant à découvrir! Je réalise pourtant tout ce que nous avons pu faire en seulement quatre jours. Prochain objectif: un tour complet de l’Islande en une dizaine de jours en été avant un week-end en hiver à le recherche des aurores boréales… Vivement!

Liens

Le site officiel pour l’ouest de l’Islande: http://www.westiceland.is/

Concernant la chasse à la baleine: http://www.reseaucetaces.fr/archive/2010/07/30/3670.aspx et http://odysee-islandaise.over-blog.com/article-historique-de-la-chasse-a-la-baleine-39029603.html

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Pour visionner un extrait du documentaire « Les mystères de Snaefellsjökull »: http://www.unifrance.org/film/30840/les-mysteres-de-snaefellsjokull