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Islande: la côte sud en pleine éruption

Les vulcanologues s'attendaient à ce que l'Hekla entre en activité en janvier 2010.

Mi-mars 2010, nous planifiions, avec mon compagnon, un voyage à Reykjavik pour le mois de mai. Moins de quatre semaines avant notre départ, le volcan islandais Eyjafjöll, entré en éruption le 20 mars, causait, de par son nuage de cendres, la fermeture de dizaines d’aéroports en Europe, dont ceux de Paris, et l’annulation de milliers de vols. Après avoir suivi chaque jour avec ferveur l’évolution de la situation, craignant jusqu’au dernier instant de ne pas pouvoir partir, nous avons finalement pu décoller comme prévu de Charles-de-Gaulle le 7 mai, direction Keflavik. L’éruption de l’Eyjafjöll s’est interrompue le 23 mai, dix jours après notre retour, nous laissant le temps de l’admirer pendant notre séjour.

C’est lors de notre deuxième journée de voyage, passée sur la côte sud, que nous avons pu observer ce phénomène. Comme la veille, nous revoilà partis sur la route 1, mais cette fois-ci, nous ne bifurquons pas vers le Cercle d’Or. Nous souhaitons aller jusqu’à Vik et voir au passage les chutes de Seljalandsfoss et Skogafoss, et pourquoi pas apercevoir le volcan Eyjafjallajokull en éruption. Nous ne savons cependant pas si cela nous sera possible, car certaines zones ont été interdites, notamment la forêt de Thorsmörk, où nous aurions aimé passer une journée. Nous ignorons si la route longeant la côte sud est ouverte.

Nous passons sans nous arrêter par Hveragerdi, connu pour ses serres de fleurs et de légumes ainsi que pour son aire géothermique, dont nous apercevons les vapeurs. Nous traversons ensuite Selfoss, sans autre intérêt que son grand supermarché, pour ceux qui auraient besoin de se ravitailler.

Sous le glacier Myrdalsjökull se cache le volcan Katla.

Puis nous apercevons la silhouette enneigée du volcan Hekla, se dessinant tel le mont Fujiyama. Pour la petite anecdote, l’Hekla entre en éruption tous les dix ans depuis 1970 et sa dernière éruption date de 2000. C’est donc son réveil et non celui de l’Eyjafjallajökull qui était attendu par les spécialistes. De son côté, le Katla, situé non loin de là sous le glacier Myrdalsjökull, est réputé pour s’activer à la suite de l’Eyjafjallajökull, ce qui fut notamment le cas lors de la dernière explosion de celui-ci, en 1821. Ce n’est donc pas une mais trois éruptions que l’Islande aurait pu connaître en 2010. Toujours est-il que seul l’Eyjafjallajökull montrait ses fumées au moment de notre séjour.

Un premier contact avec le volcan à Seljalandsfoss

Les chutes de Seljlalandsfoss sont connues pour le sentier passant derrière le rideau d'eau.

Nous nous trouvons désormais à seulement 30 km à vol d’oiseau du volcan. Alors que nous approchons de Seljalandsfoss, nous décidons de nous arrêter sur le bas-côté pour prendre en photo les chutes. Elle apparaissent au fond d’une grande plaine rousse, accrochées à la longue falaise formée par le mont Eyafjol. Au dessus de la cascade s’amassent de denses nuages gris tandis que, plus à gauche, la vallée et le lointain glacier Myrdalsjökull jouissent d’un ciel bleu. Le silence règne sur la route déserte balayée par le vent. Seuls des pluviers dorés font entendre leurs cris. Soudain, un grondement sourd vient perturber ce calme. Nous pensons d’abord à un orage qui approcherait. Le bruit se répète. Sur le qui-vive, nous ne bougeons plus. Les oreilles grandes ouvertes, nous ne prononçons plus un mot. Nous nous lançons un regard interrogateur. Nous pensons certainement à la même chose: et s’il s’agissait de l’Eyjafjallajökull? Lorsque nous sentons sous nos pieds la terre trembler, nous n’avons plus un doute, il ne peut pas s’agir du tonnerre, c’est le volcan qui nous parle. Nous levons les yeux en sa direction. Malheureusement, les nuages sont trop épais pour que nous puissions apercevoir quoi que ce soit. Mais je suis déjà ravie, je me sens comme privilégiée d’avoir eu ce peu de « contact » avec le volcan. J’ignore encore ce qui nous attend plus loin!

Après ces quelques minutes d’écoute attentive, nous reprenons notre véhicule pour nous approcher des chutes. Là-bas, le petit parking est quasiment vide et nous pouvons contempler Seljalandsfoss tranquillement. Cette étroite cascade haute de 40 mètres présente une particularité: un chemin passe derrière le rideau d’eau. Nous l’empruntons avec précaution, car le vent détourne les flots qui détrempent le sentier, rendant chaque pas périlleux. Nous devons régulièrement éteindre nos appareils photos et les ranger dans nos sacs ou les glisser sous nos vestes pour les protéger. Enfin nous parvenons derrière les chutes, là où se forme une grotte et d’où l’on peut profiter du panorama sur la grande plaine sauvage.

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Sous un nuage de cendres à Skogafoss

Une colline recouverte de cendres, au croisement de la route 1 et de la 242.

Nous repartons ensuite pour rejoindre une autre cascade: Skogafoss. Mais alors que nous sommes dans la voiture, nous voyons tomber sur le pare-brise ce qui ressemble fort à de la cendre. Au croisement avec la route 242, nous nous garons derrière une autre voiture et nous sortons. Le grondement que nous percevions tout à l’heure se fait plus fort et nous sentons une fine pluie de cendres nous effleurer. Elle s’accroche dans les cheveux, s’immisce dans la voiture, recouvre déjà la carosserie de même que les collines alentours et le bord des routes. Je fouille dans mes affaires à la recherche d’une bouteille vide ou de tout autre contenant qui me permettrait de ramener un peu de ce sable gris. N’en trouvant pas, je me rabats sur un paquet de kleenex que je remplis presque à ras bord et que je pose dans un vide-poche de ma portière. Nous remontons dans notre Yaris et repartons. Dans le rétroviseur, j’aperçois la poussière de cendres que nous soulevons. Nous devons rouler phares allumés pour la traverser lorsque nous croisons d’autres véhicules. Nous voyons les 4×4 tracter des bétaillères; les habitants emmènent certainement leurs animaux loin de là. Nous nous demandons si nous allons encore pouvoir continuer longtemps à avancer sur la côte sud.

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Un nuage de cendres au dessus des chutes de Skogafoss.

Nous arrivons finalement à Skogafoss, où nous découvrons dans le ciel une épaisse colonne de cendres se transformant en panache et se mêlant aux cumulus de mauvais temps. Nous en oublions presque la chute qui se présente devant nous, pourtant impressionante. Plus haute et plus large que celle de Seljalandsfoss, elle s’admire depuis un sentier grimpant jusqu’à son sommet et offrant une vue plongeante sur la cascade ainsi que sur le paysage alentour. Le chemin se fait ensuite plus plat et continue bien plus loin, permettant de rejoindre à pied Thorsmörk et même Landmannalaugar, moyennant quatre jours de dure marche tout de même.

Les chutes de Skogafoss, hautes de 60 mètres et larges de 25 mètres.

Depuis ce promontoire, nous pouvons observer les nuages de cendres qui obscurcissent aussi le ciel bien plus loin, dans la direction de Vik. Le temps de prendre des photos et d’apprécier les chutes et nous avons déjà l’impression qu’ils ont un peu plus assombri le décor. Ils semblent se rapprocher et rendent tout à coup l’atmosphère inquiétante, surtout lorsqu’un guide accompagnant un groupe de touristes nous conseille de ne pas poursuivre notre route plus loin et de rebrousser chemin vers Reykjavik. Il nous explique qu’il serait dangereux de s’aventurer sous le nuage sans masque et de respirer les cendres. Alors que nous redescendons l’allée pour retourner au parking, des chevaux qui jusque-là paissaient paisiblement se mettent à ruer et à hennir, comme énervés par une force invisible. Nous décidons pourtant de pousser plus loin, attirés par cet étrange spectacle de la nature.

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Gros temps à Vik, village le plus pluvieux d’Islande

L'église de Vik, surplombant le village.

Nous avons eu raison d’être téméraires. Plus loin, la route 1 n’est pas barrée et la cendre a désormais cessé de tomber. En revanche, la pluie et la grisaille sont si présents que nous ne nous arrêtons pas jusqu’à Vik. Nous réaliserons plus tard que nous avons raté un magnifique paysage: celui de Reynishverfi, avec sa grande plage de sable noir, sa grotte bordée d’orgues basaltiques et sa vue sur la falaise percée de Dirholaey, surmontée d’un phare. La presqu’île de Dirholaey est quant à elle fermée de début mai à fin juin pour protéger la ponte des milliers d’oiseaux qui y nichent. Mais nous sommes tant excités par l’activité du volcan et par le spectacle auquel nous avons assisté précédemment que nous en oublions presque de chercher tout simplement de beaux panoramas. Cela dit, si vous passez par là par temps plus clément et dans des circonstances plus « ordinaires », ne manquez pas ces sites. Et préparez bien votre itinéraire, ce que nous n’avons pas fait, car les lieux intéressants sont rarement indiqués sur la route, les panneaux sont peu visibles et les guides papiers ne s’avèrent pas toujours bien renseignés ou restent trop évasifs.

Notre voiture couverte de cendres.

Nous marquons finalement une halte à Vik, village réputé le plus humide d’Islande, qui ne déroge pas à sa réputation. Sa pittoresque et solitaire église se profile, perchée sur son rocher. En contrebas, le hameau n’offre que peu de distractions et nous ne parvenons pas à trouver un endroit où combler un petit creux. Nous passons à travers un quartier résidentiel pour arriver à la plage de Vik. Je suis étonnée de voir plusieurs personnes s’affairer à nettoyer leur voiture alors que le mauvais temps fait encore rage. Je lirai plus tard non seulement que les Islandais sont très soucieux de leur véhicule, mais aussi que la cendre volcanique abime beaucoup la carrosserie. Notre pauvre Toyota Yaris en est couverte, et à la voir, on a peine à croire qu’hier encore, elle était propre comme un sou neuf.

Vue sur les Reynisdrangar, des pics de lave surgissant de la mer.

Depuis la plage de sable noir, en dépit d’un ciel bouché, nous apercevons la falaise Reynisfjara et les Reynisdrangar, ces roches basaltiques taillées en pointe et surgissant de la mer, à plusieurs mètres du rivage. D’après la légende locale, il s’agirait en fait de trolls transformés en pierre par le soleil levant alors qu’ils tentaient de ramener sur la terre ferme leur bateau échoué… Quelle imagination, ces islandais!

Sculpture sur la plage de Vik.

Nous croisons aussi la sculpture penchée d’une silhouette faisant face à la mer et semblant déstabilisée par le vent. Il s’agit là d’un hommage aux nombreux pêcheurs ayant trouvé la mort au large lors du naufrage de leur navire, la mer et le vent étant souvent déchaînés par ici. C’est d’ailleurs le cas en ce jour. Loin de s’améliorer, le temps devient exécrable et nous oblige à quitter les lieux. Nous décidons de poursuivre notre route sans nous fixer de but. Nous espérons juste trouver un ciel un peu plus clair et profiter à nouveau des manifestations du volcan.

Vous reprendrez bien un peu de désert?

Le Myrdalssandur, désert de sable noir, dévoile par endroits d'étranges blocs de lave.

Nous traversons désormais le Myrdalssandur, vaste désert de sable noir, de lave et de cendres volcaniques, ramenés là par les multiples éruptions du Katla, situé sous le glacier Myrdalsjökull. Le décor est stupéfiant. Une immense plaine grise s’ouvre devant nous, assortie au ciel. Par endroits, les blocs de lave semblent tout bosselés, comme couverts de tubercules. Un tapis de mousse les a envahis et de petites touffes d’herbes ont réussi à pousser dans ce paysage paraissant si sec. Je me sens tomber amoureuse de l’Islande, si différente, si sauvage, si surprenante. J’apprécie de ne voir aucune voiture à l’horizon, aucun signe de civilisation. J’aime cette solitude, cette sensation d’être seuls au monde.

La falaise Lomagnupur, avant le Skeidararsandur.

Après 70 km et près d’une heure de « traversée du désert », nous arrivons tout de même à l’unique village depuis Vik, et le seul jusqu’à Höfn, à 200 km de là! Attention, son nom est imprononçable: Kirkjubaejarklaustur (dieu bénisse les copier/coller!). Comme à Vik, les commerces sont peu nombreux, toute la vie semble tourner autour de la petite supérette faisant aussi office de fast food et de station service. Nous en profitons pour nourrir nos estomacs ainsi que le réservoir de la voiture. Mon compagnon a tout particulièrement besoin d’une pause, lui qui est le seul à conduire depuis… 250 km. La fatigue commence à le guetter, il se fait tard et il faudra penser au retour. Nous décidons donc de continuer jusqu’à Skaftafell en espérant voir le glacier Vatnajökull, puis nous rebrousserons chemin. Nous ne prenons pas le temps de passer voir la cascade Systrafoss et le pavement de Kirkjugolf, constitué d’orgues basaltiques érodés, ni Nupsstadur, lieu pittoresque regroupant de petites maisons aux toits herbeux, une chapelle et une vieille jeep colorée. En en découvrant les photos quelques jours plus tard sur internet, je regretterai mon choix.

Un décor digne du grand ouest américain.

Mais la région nous offre d’autres merveilles. Ce pays ne ressemble à aucun autre. Parfois seulement, une falaise peut évoquer l’Irlande ou les canyons américains. C’est le cas ici, avec le plateau de Lomagnupur, plongé dans la brume, et qui rappelle les pitons rocheux du Nevada. Nous le dépassons, et là, à notre totale surprise, le ciel se montre complètement dégagé, d’un bleu que nous n’espérions plus. Mais surtout, tout à coup, sans que nous puissions nous y attendre ou l’apercevoir auparavant, surgit le glacier Vatnajökull, aussi grand que la Corse, qui s’étire au nord à perte de vue. Encore une fois, le paysage semble irréel, incomparable, splendide. Le désert de sable noir, portant ici le nom de Skeidararsandur, s’étend toujours sur des kilomètres, mais a quelque peu changé d’aspect. Il offre de superbes contrastes avec l’herbe vert tendre le recouvrant, le glacier blanc en toile de fond et le ciel bleu. Cette partie de la côte doit sa différence aux jokulhlaups, de gigantesques inondations faisant suite à des éruptions et à la fonte des glaciers. La dernière date de 1996, lorsque le volcan Grimsvotn entra en activité. 3 km3 d’eau se déversèrent dans la plaine (une vague de 4 mètres de haut sur 20 km de large), chariant des blocs de glace, des cendres et formant des coulées de boue qui atteignirent la mer. Ces traînées sont largement visibles sur une carte d’Islande avec vue satellitaire. La route 1 fut emportée sur 10 km, trois ponts détruits et les habitants tous évacués. Grâce à la prévoyance des islandais, aucune victime ne fut à déplorer. Par risque d’une autre inondation, les habitations ne furent pas reconstruites dans la région. Le débris de l’un des ponts démolis est visible au bord de la route 1, juste avant d’arriver à Skaftafell. Un parking permet de s’arrêter et de consulter les panneaux racontant cette catastrophe. Les photos sont édifiantes.

Le glacier Vatnajökull s'étire au fond du Skeidararsandur.

La glace du Skaftafellsjökull, semblable à de la stracciatella.

Le Skaftafellsjökull ne nous laisse pas de glace

Nous continuons jusqu’au Parc National de Skaftafell et nous garons près du centre d’information. Des panneaux indiquent les différentes randonnées possibles. Il en existe une multitude, de distances très variées et nécessitant d’une à sept heures. Parmi les plus courtes, la balade vers les chutes de Svartifoss, cernées d’orgues basaltiques, ou vers celles de Hundafoss. Nous hésitons à aller voir les premières, mais une autre promenade nous tente encore plus: celle permettant de se rendre au pied du Skaftafellsjökull, l’une des langues glaciaires du Vatnajökull. Après tout, nous avons déjà vu plusieurs chutes depuis notre arrivée en Islande, mais n’avons pas encore foulé la glace. C’est parti donc pour une toute petite demi-heure de marche.

Le parc national de Skaftafell.

Le long du chemin, nous essayons de nous imaginer qu’il y a encore quelques années, le glacier s’avançait bien plus loin. Le Skaftafellsjökull a en effet reculé de 2 km depuis le 19e siècle. Au loin, le glacier nous apparaît de plus en plus net. Enfin, nous arrivons jusqu’aux grands blocs de glace. Impossible de marcher dessus sans équipement spécifique. Nous ne faisons que toucher des yeux ces strates blanches zébrées de noir, qui me font irrémédiablement penser à de la stracciatella. Au pied de la langue glacière se dessinent deux petits lacs au milieu desquels flottent de mini icebergs. Une maigre consolation face à la déception de ne pouvoir aller jusqu’au lac Jökulsarlon, à une cinquantaine de kilomètres de là, décrit partout comme l’un des plus beaux paysages d’Islande. J’ai bien tenté d’implorer mon cher et tendre de continuer, mais je devais bien lui accorder que nous pourrions poursuivre la route comme cela longtemps, tant ce pays offre de merveilles. Qu’importe, cela nous fera au moins une excellente raison de revenir sur ces terres. Et j’ignore encore à ce moment là que la nature va m’offrir le plus beau des cadeaux pour me réconforter.

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Le spectacle d’un volcan en éruption

Une photo prise non loin de Seljalandsfoss à presque 22 heures.

Sur la route du retour, l’Islande va nous gâter, comme pour nous remercier de nous être montrés persévérants. Juste après avoir passé à nouveau le Lomagnupur, nous voyons un bel arc-en-ciel apparaître derrière nous, sur fond de glacier. Sur tout le chemin, la lumière du soir, la plus belle de la journée au mois de mai, sera magnifique, ressemblant tantôt à celle d’un crépuscule, tantôt à celle d’une journée ensoleillée.

Passage à un pont à sens unique.

Au croisement de la route 1 et de la 242, où nous étions le matin même, le nuage de cendre se détache clairement sur le ciel bleu et les contrastes s’avèrent bien plus forts. Nous prenons le temps de l’admirer, de le photographier, pensant que ce sont nos derniers clichés de ce phénomène. Puis nous remontons en voiture, plutôt à contrecœur, et repartons.

Le nuage de cendre semble accroché au ciel.

Mais un peu plus loin, nous apercevons quelques véhicules arrêtés sur le bord de la route, ainsi qu’un  photographe et des touristes visiblement absorbés. Nous nous retournons et poussons presque un cri: le volcan est là, droit devant nous, à découvert. Ce matin, les cumulus le dissimulaient complètement et seul le nuage de cendre était visible, mais avec ce ciel éclairci, nous pouvons tout voir: non seulement le nuage de cendre presque à sa sortie du cratère, mais aussi les fumerolles et les projections de lave. Ce spectacle grandiose nous laisse bouche bée et nous restons là de longues minutes à l’observer.

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Les chutes de Seljalandsfoss dans la lumière du soir.

Inutile de préciser qu’il nous est encore difficile de nous décider à partir et à abandonner le volcan. Nous aurions tant aimé voyager en camping-car et pouvoir rester l’observer de nuit. Mais nous devons rentrer à Reykjavik et, comme pour nous consoler une nouvelle fois, nous avons le droit à un sublime panorama en passant les chutes de Seljalandsfoss. Baignés dans une lumière dorée, la grande vallée et le mont Eyjafjol semblent tout droit sortis d’un paysage africain, et la colonne de fumée s’élève au dessus de la cascade.

Un magnifique coucher de soleil pour finir la journée en beauté.

Un peu plus loin, c’est un magnifique coucher de soleil que je parviens à immortaliser. La nuit finit par tomber, à seulement. Nous arrivons à notre hôtel à , fatigués mais émerveillés. Mon compagnon, qui révait d’Islande depuis des années, ne semble pas déçu, bien au contraire, et il a su me transmettre le virus. Cette journée a été riche en émotions et en découvertes. Je me sens à la fois comblée et privilégiée d’avoir pu assister à l’éruption d’un volcan. Agréablement surprise aussi d’avoir pu aller si loin sur la Côte sud et d’avoir vu tant de choses, et pourtant frustrée d’en avoir raté d’autres. Je ne suis pas encore partie d’Islande que j’ai déjà envie d’y revenir. La journée de demain à Reykjavik et dans la péninsule de Reykjanes me laissera-t-elle la même impression?

Liens

Le site officiel pour le sud de l’Islande: http://en.south.is/

Concernant la crainte d’une éruption du Katla à la suite de l’Eyjafjallajökull:

http://www.liberation.fr/economie/0101630752-nous-restons-inquiets-le-katla-pourrait-suivre

Concernant les soupçons d’éruption de l’Hekla:

http://www.icenews.is/index.php/2010/01/04/hekla-threatens-to-erupt/