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Irlande: Antrim glens et la Chaussée des géants

Retour à la nature après un passage éclair dans le paysage urbain de Belfast. Nous nous dirigeons désormais vers une région appelée Antrim Glens. Antrim est le nom de la côte allant de Larne à Ballycastle, et glens signifie vallons. Ces derniers sont en effet au nombre de neuf et se disséminent tout au long de la côte, légèrement à l’intérieur des terres. Mais avant de parvenir sur la route d’Antrim Glens, nous marquons d’abord un arrêt à Carrickfergus, port de pêche dominé par un robuste château normand.

Une première étape à Carrickfergus

Le château de Carrickfergus

Seuls 11 kilomètres séparent Belfast de Carrickfergus, « le rocher de Fergus », qui fait d’ailleurs partie du « grand Belfast ». Ce village, parmi les plus anciens d’Irlande, doit son nom au chef du royaume de Dalriada, mort en 531 lors du naufrage de son navire. Ce n’est que douze siècles plus tard que Jean de Courcy, conquérant anglo-normand, fit bâtir l’imposant château, l’un des mieux conservés d’Irlande. Il s’élève au dessus du petit port de pêche, qu’il domine de son impressionnant donjon carré.
Nous nous garons sur le parking attenant et faisons le tour de cet édifice massif, sous l’œil menaçant d’un officier en plâtre nous visant au fusil depuis le corps de garde. Nous atteignons l’entrée du château, payante (3 livres), mais ne pénétrons pas dans la cour. Nous préférons nous diriger vers le village, dont nous faisons une rapide visite. Nous entrons dans le cimetière de l’église Saint-Nicholas par la belle tour horloge dédiée aux victimes des deux guerres mondiales, dont la construction fut achevée en 1962. Au croisement de North Street et Lancasterian Street, nous apercevons la porte nord des anciens remparts, qui semble avoir perdu de son authenticité au fil des restaurations. Puis nous longeons la mairie aux murs jaunes pâles, que l’on s’attendrait plus à voir au Portugal qu’en Irlande, avant de croiser une amusante façade en trompe l’œil. Enfin, nous revenons au château et reprenons notre route vers Antrim Glens. Ce n’est que plus tard que j’apprendrai l’existence d’une chanson traditionnelle rendant hommage à Carrickfergus et racontant le mal du pays d’un exilé, qui fut interprétée par Joan Baez et Bryan Ferry.

Les cascades de Glenariff

La première cascade de Glenariff.

Après Carrickfergus, nous marquons un court arrêt à Larne pour faire quelques courses chez Lidl. Nous espérons trouver plus loin un bel endroit pour nous arrêter et casser la croûte. Notre pause se fera quelques kilomètres plus tard, sur une aire de pique-nique à Ballygalley, face à la mer et aux verdoyantes collines de l’Antrim, où un rocher nous accueille avec un large sourire. Pendant notre déjeûner, mon compagnon agrippe soudain son appareil photo, pensant avoir aperçu un phoque. Fausse alerte: il s’agissait seulement d’un plongeur. Nous remontons finalement en voiture et longeons la côte qui serpente entre flots et falaises jusqu’à Waterfoot. Là nous nous enfonçons dans le vallon de Glenariff jusqu’au Glenariff Forest Park, pour y découvrir une cascade vantée par le guide vert Michelin. Nous nous garons sur le parking payant (4 livres tout de même) et admirons la vue sur les montagnes et les prairies alentours avant de partir pour une heure de boucle sur le chemin de non pas une mais deux cascades. La balade s’avèrera agréable, car à l’ombre d’une gorge luxuriante bordée par la rivière Glenariff, mais pas indispensable. Les cascades, bien que situées dans un bel environnement, ne sont guère impressionnantes et vous décevront à coup sûr si vous avez déjà goûté aux chutes d’eau canadiennes, croates ou islandaises. Nous qui n’avions le temps que de marquer un seul arrêt avant la Chaussée des géants et hésitions avec le pont suspendu de Carrick-a-Rede-Rope, nous avons regretté notre choix, malgré la beauté des paysages.

La Chaussée des géants

Les 40 000 colonnes basaltiques de la Chaussée des géants (ici Grand Causeway)

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu’à la Chaussée des géants, l’un des lieux les plus célèbres d’Irlande du Nord. Nous nous garons sur le parking qui coûte normalement 5£ (le reste du site est gratuit, sauf si vous désirez découvrir le Visitor centre), mais je ne me souviens pas que nous ayons payé. Autre solution si vous ne souhaitez pas frauder: vous garer sur le parking gratuit de la distillerie Bushmills, à 4 km de là, et utiliser la navette qui fait l’aller-retour tous les quarts d’heure pour 1.75£ par personne.

Nous empruntons ensuite à pied un chemin menant, au bout d’une dizaine de minutes, à un étonnant ensemble de 40 000 colonnes basaltiques. Elles se formèrent à la suite d’une gigantesque éruption volcanique qui eut lieu il y a 60 millions d’années, touchant le nord-est de l’Irlande ainsi que l’ouest de l’Écosse. Ce type de phénomène, résultant du refroidissement et du durcissement de la lave, peut aussi être observé en Islande, aux îles Féroé, au Groenland et même en Corse.
Selon la hauteur des roches, celles-ci font partie du Little Causeway, du Middle Causeway ou du Grand Causeway.

Une douce lumière sur Little Causeway

Le site tient son nom d’une légende qui lui est rattachée. Le guerrier de l’Ulster Finn McCool aurait construit une route pavée pour pouvoir traverser la mer et demander en mariage une géante écossaise. Dans une autre version moins romantique, son but aurait été de permettre au géant écossais Benandonner, bien trop grand pour pouvoir tenir sur un bateau, de venir l’affronter. Croyant que son rival était encore plus haut que lui, le titan prit la fuite et détruisit derrière lui la chaussée pour éviter d’être poursuivi. De là viendrait cette impression de trottoir s’enfonçant dans la mer.

La baie de Port Noffer

Cette fin de journée est idéale pour visiter ce lieu si particulier. La lumière est douce et les touristes peu nombreux. Après avoir foulé les dalles préhistoriques et passé un mur d’orgues basaltiques (Giant’s Gate) nous reprenons le chemin et entrons dans la baie de Port Noffer. Nous apercevons une roche en forme de botte (Giant’s Boot), et au loin, sur la falaise, les orgues (Giant’s Organ), c’est-à-dire 60 colonnes de basalte de 12 mètres de haut, ainsi que les chapeaux de cheminées (Chimney Tops), une pile de roches magmatiques.

Fin de journée sur les falaises de Giant's Causeway

Nous montons ensuite les escaliers (sheperd’s steps) qui mènent à un sentier longeant le sommet de la falaise et le suivons pour revenir au parking. De là nous profitons d’une vue plongeante sur les différents Causeways et d’un panorama magnifique embrassant une grande partie du site. Le vent peut ici souffler très fort et un amusant panneau n’oublie pas de le rappeler.

Lorsque nous repartons, il est déjà plus de 20h. Nous passons juste à la distillerie Bushmills pour voir le bâtiment de l’extérieur. Il est bien évidemment fermé et nous ne pouvons le visiter. Nous continuons ensuite jusqu’à Londonderry où nous trouvons un hôtel près des remparts, afin de pouvoir découvrir la ville dès le lendemain matin.

Liens

La page « tourisme » du site de la ville de Carrickfergus: www.carrickfergus.org/tourism/

Quelques informations en français sur la Chaussée des géants et le nouveau Visitor centre, ouvert en juillet 2012: www.discoverireland.com/ca-fr/campaigns/ni2012/giantscausewayvisitorcentre/