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Chamrousse : petite station, grandes sensations

Vue sur le Vercors et la Chartreuse depuis les pistes de Chamrousse.

Après une année 2012 sans sport d’hiver, il était hors de question pour moi de laisser passer 2013, année des chutes record de neige, sans profiter d’une semaine de ski. Après avoir convaincu mes parents et mon compagnon de m’accompagner début février, nous nous sommes mis en quête d’une station facile d’accès en train depuis Paris. Nous avions d’abord jeté notre dévolu sur Les Arcs, mais face aux prix élevés des hébergements et des forfaits, nous avons dû abandonner l’idée. Or toutes les grandes stations (Méribel, La Plagne…) présentaient cet inconvénient. Heureusement, un sympathique collègue m’avait largement vanté les mérites de sa destination hivernale favorite : Chamrousse, en Isère. Quelques recherches sur le net ont fini de me convaincre : location d’appartement à prix attractif, domaine réduit donc forfait moins onéreux, simplicité d’accès, beauté des  paysages… Nous étions prêts à explorer une nouvelle station de ski. Celle-ci me charmera tant que j’y retournerai moins de deux mois plus tard avec mes collègues.

A quatre heures des pistes en TGV

Les bus de la compagnie Transisère assurent le transfert de Grenoble à Chamrousse.

Situé à 30 km de Grenoble, Chamrousse est facile d’accès depuis Paris grâce au TGV (3 heures de trajet) et aux navettes rejoignant la station depuis la gare (1 heure et quart de montée). Attention cependant, car en semaine, celles-ci n’assurent le trajet Grenoble-Chamrousse qu’en matinée, même en pleine saison. Si vous arrivez l’après-midi en dehors d’un week-end, il vous faudra donc emprunter un taxi pour 75 à 100 euros l’aller. Les descentes elles ne se font que l’après-midi. Les billets des navettes peuvent être achetés à l’avance sur le site Transaltitude et les horaires sont calés en fonction des départs et arrivées des principaux TGV.

En voiture, comptez six à sept heures pour effectuer les 605 km séparant Paris de Chamrousse. Une fois sur place, le stationnement est relativement aisé et gratuit. Des navettes elles aussi gratuites permettent ensuite de relier les trois villages de Chamrousse : Le Recoin, à 1650 mètres, Le Domaine de l’Arselle, à 1700 mètres, et Roche-Béranger à 1750 mètres.

Hébergement : tout sauf La Datcha

L'immeuble Les Droseras à Chamrousse 1700.

Pour notre semaine de ski en famille, nous nous sommes tout de suite orientés vers la location d’un appartement pour 4. Nous avons commencé nos recherches moins de deux semaines avant notre séjour et avons rapidement trouvé une offre très intéressante sur Lastminute.com : un deux pièces dans la résidence Les Droséras au domaine de l’Arselle pour 384 euros. Cet hébergement s’est avéré agréable, propre et parfaitement situé puisqu’au pied des pistes. Seul inconvénient : l’installation dans les appartements ne peut se faire qu’à partir de 15 heures le samedi et 17 heures en semaine. Si vous arrivez comme nous aux alentours de midi à la station, il vous faudra patienter, pourquoi pas en allant casser la croute chez Igor et Doudou, restaurant situé à quelques mètres de la résidence et devant lequel vous pourrez laisser vos bagages si vous souhaitez vous balader dans la station.

La chambre aux murs jaune pipi de l'hôtel La Datcha.

Le week-end à 6 collègues se prêtait moins à la location d’un appartement, souvent disponibles à la semaine uniquement et ne permettant pas à l’une d’entre nous de disposer de sa propre chambre (soi-disant pour se reposer, n’est-ce pas Sophie ;)). L’hôtel était alors la meilleure option mais le choix fut plus que réduit, puisque deux hôtels seulement proposent leurs services à Chamrousse. Malgré certaines critiques négatives sur le net, nous avons choisi La Datcha, établissement prétendument deux étoiles… Bien mal nous en a pris ! Ce lieu, situé à Chamrousse 1650, n’a d’hôtel que le nom et ressemble d’avantage à une vieille auberge de jeunesse à la décoration défraîchie, à la literie abominable et surtout à l’accueil détestable. Les patrons n’ayant pas compris que nous préférions dormir sur les matelas à même le sol plutôt que sur des sommiers déglingués nous ont sommés de quitter l’hôtel après la première nuit sous les menaces et les injures.

Le salon de la chambre d'hôte L'étape du Fanfoue.

Nous leur devons cependant une fière chandelle, car grâce à leur attitude grossière,  nous avons passé le reste de notre séjour dans une charmante chambre d’hôtes, l’Etape du Fanfoué, toujours à Chamrousse 1650. Le décor y était chaleureux, tout comme l’accueil, les chambres propres et coquettes, et que dire du petit-déjeuner, entièrement fait maison, depuis les confitures aux parfums originaux jusqu’au pain d’épice en passant par la pâte à tartiner. Un spa permet même de se délasser après les longues journées de ski. En dépit de tout ce confort et de la situation du gîte, plus proche des pistes, celui-ci s’est révélé plus abordable que La Datcha : 130 euros la chambre triple contre 150 euros, 90 euros la chambre double contre 110 euros. Notre passage à La Datcha était donc finalement un mal pour un bien.

Un domaine alpin magnifique mais limité

Chamrousse bénéficie de panoramas exceptionnels.

L’atout indéniable de Chamrousse est la vue splendide qui s’offre sur le massif du Vercors, le massif de la Chartreuse et la vallée grenobloise. Le paysage plus boisé s’avère assez différent de celui des stations de plus haute altitude. La variété des activités représente également un avantage certain. Car Chamrousse, en plus de ses 90 km de pistes de ski alpin, propose également 40 km de pistes nordiques, 17 km de sentiers raquettes, 5 km de sentiers piétons ainsi que des baptêmes de traîneau à chiens, des cours de plongée sous-glace, des balades en motoneige, du parapente, des descentes en luge, sans compter les sorties possibles à la patinoire de Recoin ou à la piscine découverte chauffée de l’Arselle.

Chamrousse dispose aussi de pistes de raquettes.

Cette grande diversité est bienvenue car le domaine alpin, parfait pour un week-end, se montre réellement limité quand il s’agit de skier plus longtemps. Autre point négatif de la station : sa proximité de Grenoble en fait un lieu très fréquenté le week-end et la taille réduite du domaine peut vite rendre cette affluence particulièrement désagréable. En revanche, la taille restreinte du domaine permet de profiter de tarifs bien plus attractifs que dans les grandes stations, soit 150 euros le forfait d’une semaine en haute saison contre 260 euros pour le domaine des Trois Vallées et 250 euros pour le forfait découverte Paradiski des Arcs. Le ski nordique et les balades en raquette représentent également une excellente alternative en cas de mauvais temps.

Restauration : originalité et serviabilité au rendez-vous

Le chaleureux restaurant Les Gaboureaux est vite devenu notre cantine.

Notre sympathique chambre d’hôte nous a été conseillée par la non moins sympathique serveuse du restaurant Les Gaboureaux, à Chamrousse 1650. Nous y étions venus déjeuner en terrasse au soleil et lui avons demandé si à tout hasard elle pouvait nous indiquer une adresse plus convenable que notre hôtel, dont elle connaissait d’ailleurs le patron pour ses accès d’agressivité. En revanche, la bonne humeur et le dynamisme de cette saisonnière ainsi que la qualité des plats nous ont fait revenir dans cet établissement par deux fois, pour diner. La salle offre un décor boisé et chaleureux avec feu de cheminée et chandelles. De notre table, nous pouvions voir la cuisine à travers une vitre, ce qui a plutôt tendance à rassurer sur la propreté des lieux. La carte était si alléchante que nous avons partagé nos assiettes pour pouvoir goûter de tout et rien ne nous a déçu : ni les ravioles aux cèpes, ni les fondues, ni la raclette, pas même le café gourmand ou les profiteroles. Un restaurant à ne pas manquer si vous passez à Recoin.

La galette tartiflette de la crêperie Le Chalet.

Si vous marquez un arrêt au domaine de l’Arselle, vous pourrez vous tourner vers la crêperie Le Chalet, qui présente aussi un intérieur de maison montagnarde mais propose des plats plus simples : galettes, croque-monsieur, tartines, gaufres… La galette et la crêpe pour lesquelles j’ai opté ne manquaient cependant pas d’originalité : galette tartiflette, pour éviter les choix cornéliens entre deux plats, et crêpe au Kinder, surprise incluse. Dommage que ce lieu, qui fait aussi office de boutique de souvenirs et produits régionaux, ne soit ouvert que jusqu’à 19 heures.

Enfin, sur les pistes, vous ne rencontrerez que deux restaurants d’altitude, la station n’étant pas très élevée, mais l’un d’entre eux, la Croix de Chamrousse, semblait fermé, en partie en tout cas. L’autre, le Malamute, au-dessus de Roche-Béranger, mérite plus l’arrêt pour se désaltérer que pour déjeuner, les plats étant chers et médiocres. Mieux vaut descendre encore quelques pistes et effectuer une halte en station, au Gaboureaux ou au Chalet bien sûr !

Liens

Le site de l’office de tourisme de Chamrousse : www.chamrousse.com/

Le site Transaltitudes, pour réserver votre billet dans une navette Trans’Isère : www.transaltitude.fr/fr/horaires-et-reservation